08.10.2009

Tout ne peut être permis en propagande

A force de tout tolérer ne risque-t-on pas de banaliser l'insoutenable ?

Trop nombreux sont ceux qui au moyen d'une propagande mensongère et réductrice incitent à la haine, pour accéder au pouvoir. L'histoire nous a dit les conséquences liées au laisser-faire en la matière. Il ne faut pas remonter très loin.

Une fraction de l'UDC de Genève s'est commis d'une annonce grossière et insultante pour nos voisins d'Annemasse. Beaucoup, au nombre desquels plusieurs membres émminents de l'UDC, ont dit leur dégoût face à la méthode. Les tribunaux auront à juger de l'insulte perpétrée grâce à la plainte du maire d'Annemasse.

Une autre fraction de l'UDC Suisse se propose de couvrir nos murs d'une affiche insultante et irrespectueuse à l'égard de nombreux croyants dans le cadre d'un débat qui porte sur une question d'édifice architectural. Certes, l'édifice en question est lié à une culture qui nous est différente et pose des questions de fond. Mais cela n'autorise en aucun cas toutes les déviances auxquelles nous assistons.

L'affiche infâme ne peut être tolérée. Non seulement, elle constitue une agression aux yeux de tous ceux qui souhaite une réflexion sereine, mais les mensonges qu'elle véhicule sont une insulte à la pensée. Non sans raison, Bâle, Lausanne et Fribourg ont jugé qu'elle constituait une incitation à la haine. Or, notre droit sanctionne l'incitation à la haine.

Certains ont eu le courage d'interdire une telle affiche. Ils devraient être mieux suivis et soutenus, tant il est vrai qu'il est tellement plus facile de laisser faire sous couvert du droit à l'expression. Tout tolérer ici peut confiner à la lâcheté.

07.10.2009

Quelques nouvelles du jour en parallèle ...

Le titre du jour sur le site internet de la TDG :

Exclusif: Valérie Garbani embauchée à la GIM

Dans le même temps ces autres titres :

L'étau se resserre sur les jeunes chômeurs

300 chômeurs de plus à Genève en septembre

Aurait-on à faire à un certain népotisme dans notre chère république ?

Certains dirigeants en ville de Genève se comporteraient-ils comme les aristocrates d'autrefois ? Quand et par qui interviendra la salutaire révolution des moeurs politiques ?

La vénalité, la cooptation, le népotisme viciaient l'administration, déjà faible en soi puisqu'elle était abandonnée en grande partie à l'aristocratie (Lefebvre, dans Révolution française, 1963, p.98)

 

14.12.2007

L'Assemblée fédérale s'est rachetée

En 2003, Ruth Metzler, exemplaire de dignité, était injustement sacrifiée sur l’autel d’un nouveau réalisme politique plus opportuniste qu’éthique. Il s’agissait alors bassement de faire place à un homme nouveau. Celui-ci avait exacerbé un nationalisme populiste, étroit et partisan afin de développer à son service un parti sur lequel il avait fait main basse quelques années auparavant. Ainsi, une jeune femme active, efficiente, qui avait fait ses preuves, était prestement éjectée du gouvernement. Ceci avec la complicité de très anciens alliés du PDC qui avaient retourné leurs vestes au profit du très arrogant chef de parti. 

 

En cette fin 2007, à son tour, Christophe Blocher a connu le même sort. Mais ici les raisons en ont été fort différentes. En effet, une fois devenu ministre de tous les suisses et plutôt que de gouverner pour l’ensemble, l’arrogant chef de parti a continué à se conduire en condottiere comme s’il n’avait la charge que de lui-même. Durant quatre ans, il a poursuivi une politique personnelle, se préoccupant essentiellement de chercher à asseoir et développer la prédominance de son propre parti, au détriment de tout respect des autres composantes politiques de notre pays.

Ainsi, cette fois, plutôt que de lâcheté ou d’inconsistance, la majorité de l’Assemblée a fait preuve de courage et de réalisme. Refusant de céder aux menaces et rodomontades des caciques UDC qui veillaient à l’avenir de leur patron, c’est dans un sain sursaut que l’Assemblée fédérale a sauvé la concordance et l’honneur de notre gouvernement. Enfin, elle a su dire que le gouvernement de la Suisse ne peut être accaparé au profit d’un seul homme, d’un seul groupe, d’une seule idée. Enfin, elle a su dire que les valeurs de concordance, de respect et de dialogue, celles qui ont permis la construction de la Suisse, ne sauraient être bafouées à jamais, même sous prétexte d’un quelconque succès électoral. Ce faisant notre Assemblée fédérale a rétabli la hiérarchie des valeurs auxquelles nous sommes tous attachés, privilégiant une vision à long terme sur de bas calculs électoraux à court terme.  

 

C’est bien grâce à l’intelligence, au courage et à l’engagement du Parti démocrate-chrétien qu’elle a pu ainsi exprimer sa volonté sereine de faire en sorte que les Suisses puissent avoir un gouvernement à leur service, maintenant préoccupé de construire leur devenir, plutôt que d’en rester à de vaines disputes internes.